Allée du Meurtre, Lune d’Argent.« Vous m’avez fait mander, Maîtresse ?, questionna un obscur personnage caché sous un non moins sombre capuchon. »
Il faut dire que l’on ne rencontrait que très rarement des gens dignes de confiance dans l’Allée du meurtre. Cela n’est d’ailleurs pas pour rien que ce nom lui fut donné, car, à cet endroit, tout pouvait s’acheter : la vie certainement, mais bien plus souvent la mort. Force est de constater qu’un endroit truffé de démonistes, de voleurs ou assassins, n’est guère sécurisant car si les premiers sont sujets à ires dévastatrices, les autres n’ont guère besoin de cela pour vous titiller la rate de leurs exquis petits poignards…
C’est également pour cela que la Dame Elara, Maîtresse des Arts Obscurs de l’assassinat et du vol, professionnelle jusqu’à la racine de ses longs cheveux, ne manifesta ni surprise, ni agacement,…ni même attention au nouvel intrus qui venait de la saluer dans son dos. Elle maintint ce dernier tourné vers le soi-disant indésirable individu mais entama néanmoins la conversation avec lui :
« Vous fûtes bien rapide, Alveon, vous parviendriez presque à me surprendre ces derniers temps.
- Ma Dame est trop bonne, répondit-il sournoisement, je parierais ma meilleure rapine que vous avez êtes au courant de ma présence depuis plus d’une heure étant donné la quantité de lamentables espions qui essayent de me pister dans une vaine tentative de discrétion.
- J’en avais presque oublié votre humour fin, très cher, enchaîna-t-elle imperturbable, une chance que les orcs bénéficient, à leur tour, de vos sempiternelles remontrances. Mais trêve de futiles bavardages, Alveon, la nation requiert à nouveau vos services, le Seigneur Théron vous attend à la Flèche !
- La nation, nom d’un wyrmelin, mais pourquoi ne vous ont-ils donc pas choisi vous-même, Maîtresse, franchement je ne vois pas comment je pourrais espérer pouvoir un jour surpasser vos déjà plus que légendaires capacités surnaturelles de camouflage et votre irrévocable précision, ajouta-t-il les yeux pétillants de malice.
- Prenez garde, mon cher élève, poursuivit-elle en esquissant un mince sourire, j’ai égorgé maints elfes pour bien moins que cela. Vous ne voudriez certainement pas que je vérifie l’état d’oxydation de mes lames sur votre gosier si développé ?
- Certainement pas, ma Dame, regardez, je m’en vais de ce pas, chuchota-t-il en reculant d’un pas et se tournant vers la rue. »
Il s’arrêta néanmoins un peu plus loin et ajouta sans se retourner :
« C’est vraiment dommage car un peu d’exercice n’aurait pas fait de mal à votre postérieur tout qui s’est tout aussi développé ce dernier temps ! »
Il eut juste le temps de s’abaisser afin d’éviter trois fines et très aiguisées dagues de jet qui se plantèrent dans le mur opposé émettant un petit bruit sec sous les yeux effarés d’un chaton qui s’enfuit sans demander son reste. Remarquons qu’il ne fut pas le seul d’ailleurs, car notre voleur avait également disparu.